Le smartphone au volant, un risque sous-estimé
Dans la vie locale, la question du smartphone au volant reste un tabou bien ancré. Pourtant, en collectif, on se demande tous comment contrer ce fléau qui touche chaque habitant.
Qu’est-ce qui distingue vraiment la distraction au volant liée au smartphone ?
On parle souvent de distractions au volant, mais tout ne se vaut pas. Lire un SMS sur son smartphone ou discuter avec un passager, ce n’est pas du tout la même chose quand on est sur la route. Chercher un morceau de musique avec son téléphone oblige à quitter la route des yeux, alors que parler à celui qui est à côté de soi ne détourne pas l’attention de la même manière, puisqu’on garde au moins une main sur le volant et on regarde toujours devant comme dans une discussion banale à l’arrêt d’un bus.
Ce qui départage les distractions, c’est ce qui se passe vraiment dans la tête et dans les mains. Quand on manipule un smartphone pour répondre à un message, on quitte la route des yeux presque aussi longtemps que si on essayait, par exemple, de retrouver sa carte bancaire tombée sur le plancher. Les chiffres observés sur le territoire montrent que l’utilisation du téléphone multiplie les risques d’accident. On ne franchit pas le même degré de danger quand on jette juste un œil à la radio ou quand on rédige un SMS de vingt mots pendant le trajet du matin.

Adapter la vigilance selon les saisons et les mesures mises en place
Au fil de l’année, on voit que la façon dont les habitants utilisent leur smartphone en voiture varie. En hiver, quand la nuit tombe tôt et que le brouillard s’installe, on pourrait croire que les gens sont plus prudents, mais certains se disent qu’un simple coup d’œil à l’écran ne risque rien dès que le trafic ralentit devant les écoles, vers 17h. Au printemps, avec les premiers rayons du soleil, la tentation revient en force : on reçoit plus de messages, on prévoit des sorties, et on voit souvent les conducteurs en train de pianoter rapidement à un feu rouge.
Quand arrivent les longs week-ends d’été, les contrôles de police se renforcent et les panneaux lumineux rappellent l’interdiction d’utiliser son téléphone. À cette période, on entend plus parler de contrôles ponctuels, surtout sur les grands axes proches des zones résidentielles. L'automne ramène la pluie et les trajets embouteillés, c’est là qu’on observe sur le bord des routes des opérations de sensibilisation menées au sein des collectivités, qui distribuent parfois des flyers ou proposent une animation sur un parking. Chaque saison a ses moments où la vigilance baisse, que ce soit avant d’arriver au travail ou en sortant d’une soirée d’association.
En début d’année scolaire, les campagnes d’affichage rappellent que la distraction touche aussi ceux qui emmènent les enfants à l’école. Et sur certains trajets de début mai, on entend parler de contrôles renforcés réalisés en partenariat avec les communes, où la collectivité met en avant la sécurité des habitants.
À retenir
La saison, la météo, l’horaire : tout influe sur notre usage du smartphone au volant. On l’oublie souvent, mais c’est là que le risque grandit.
Quel vécu pour celles et ceux qui prennent la route ? Témoignages et signaux d’alerte
Quand on écoute les habitants, on entend souvent la même ritournelle : « je pensais gérer ». Un conducteur, lors d’un échange organisé dans une salle municipale, explique que sa principale peur, c’est le moment où un message urgent s’affiche alors qu’il circule à 30 km/h en sortie d’école. D’autres racontent qu’ils n’ont jamais eu d’accident, mais qu’à chaque notification, ils sentent la tentation immense de regarder, même si la pluie gâche la visibilité et qu’il reste encore dix minutes à faire sur des routes qu’ils connaissent par cœur.
C’est dans ces instants que la réalité surgit : la seconde qu’on passe à lire un texto ou à écrire un rendez-vous est une seconde où la route défile sans qu’on la voie. Les habitants du territoire l’ont compris au fil des retours : ce n’est pas tant l’événement grave, mais tous les petits gestes quotidiens, les habitudes, les moments de flottement dans la circulation du soir, qui font la différence. Si on garde le smartphone hors de portée, ou si on active le mode voiture proposé par certains appareils, on réduit énormément ces situations à risques.
À retenir
Les habitants n’ont pas tous été témoins d’un drame, mais beaucoup racontent ce tiraillement continu : « je peux jeter un œil », alors que le vrai danger, il commence là.